Il y a toujours ce moment inintelligible.
Lorsque vous êtes avec une personne, que vous discutez avec elle. Peut-être échangez-vous seulement un commentaire, une remarque. Vous êtes pourtant marqués par ses paroles, ses gestes.
Lorsque vous rencontrez quelqu’un à qui vous n’avez pas parlé depuis longtemps. Vous êtes réellement ravis de les voir et de les entendre vous raconter leur vie pendant de longues heures.
Ou bien lorsque vous vous décidez enfin à traduire une pensée qui vous habitait depuis un moment. Vous l’extériorisez et recevez avidement la réaction de votre interlocuteur.
Dans toutes ces situations, vous êtes comme obnubilés. Dans un univers-bulle.
Jusqu’au moment où cette personne vous quitte, ou vice-versa. Eh bien, tout le moment, il est là. Vous avez encore en tête ses réactions, ses paroles, ses manies, ses gestes. Mais vous êtes seul. Vous ne savez comment reprendre contenance, vous réadapter à la situation. Vous êtes dans votre propre tourbillon intérieur, et pourtant, il vous faut afficher un air vide, ou du moins désintéressé. C’est étrange.
Votre univers-bulle avec cette personne se rompt, et pourtant, elle a encore toute son emprise sur vous.
Prêtez attention à ce moment, vous verrez.
Pourquoi alors ” afficher un air vide”? Les gens ne font pas que passer. Ils s’impriment. Ils attendent, ne serait-ce qu’une réaction, un lien.
Oui, le tourbillon. Mais nous sommes tous dans la même situation. Non?
Afficher un air vide, puisqu’il faut se refondre à la foule qui nous entoure.
Un peu comme…faire si de rien n’était.
Oui, nous sommes tous dans la même situation.
Mais quand on prend le temps de s’arrêter et d’observer le tourbillon chez l’autre, on se rend compte qu’on est jamais complètement seul.