Florilèges

“Sélection de choses remarquables.”

Première partie avec entracte novembre 3, 2007

Classé dans : Anecdotes — flo @ 7:33

Je me trouvais à avoir 3 heures d’avance.
J’avais mon billet en main. Personne aux alentours.

Comme je me trouvais à proximité d’un centre d’achat, je rabattis mon capuchon rouge sur mes oreilles et bravai le centre-ville en pleine heure de pointe. Ciment, pollution, froid, et feuilles mortes virevoletant dans le vent.

Je me mis à la recherche d’un béret, suivant la masse à travers la consommation. Ou était-ce le contraire? Je le voulais rond, mon béret, doux, chaud, et avec une apostrophe.
Toutes les boutiques se ressemblaient: mêmes produits made-in-china, mêmes modèles, mêmes styles, mêmes couleurs affreuses. Et même pas de bérets. Allons, bon. Ce n’était pas tout, ça. J’étais affreusement fatiguée et mes pieds lourds ralentissaient ma visite.

Je me laissai donc choir sur une chaise dans un café, commandai panino (oui, c’est singulier), salade et thé. Il faisait déjà très noir dehors. Les passants étaient gris, maussades. Plusieurs couples âgés, assis aux alentours, sirotaient leur café en silence. Je ramassai le Citizen et en entrepris la lecture. Je n’appris rien d’amusant, me tachai les doigts et m’empêtrai dans les feuillets.
Hourra. Et avec tout cela, il me restait encore près de deux heures à attendre. Comme le brouhaha du centre commercial me montait à la tête, je visitai un kiosque à journaux et cherchai un magazine intéressant… Voulez-vous bien me dire pourquoi l’on échange les torchons, tout juste bons à s’essuyer le … ,  contre un huard et demi et l’on vend les écrits intelligents à sept dollars en montant? Et ensuite, on dit investir dans l’éducation. M’enfin… Neuf dollars et sept sous plus tard, Harper magazine sous le bras, je sortis et fis le trajet inverse en somnambule.

Et là, dans ce formidable lieu de culture, à plusieurs années-lumières du tumulte de la cité, je trouvai une table basse et des sièges moelleux à point. Je fis un paquet avec mon manteau et le repliai sous moi. Ahhh, que c’était bon, cette chaleur. La fontaine aux formes géométriques, près de moi, glougloutait allègrement. L’éclairage jaune sur le plafond bas, découpé en triangles, créait une atmosphère enivrante et un peu surréaliste.

Suite à venir…

 

3 Responses to “Première partie avec entracte”

  1. Denis T. Says:

    Très beau texte Flo!
    L’art d’évoquer le temps suspendu, les plaisirs simples, une chambre à soi.
    Pour les bérets, je ne saurais trop vous recommander, sur Ste-Catherine à Montréal, la boutique Henri Henri. Ils sont parfaits! et ils savent parer une belle tête.

  2. flo Says:

    Merci…!
    J’en ai trouvé un bérêt, en vente à trois dollars, en tous points parfait.

  3. Denis T. Says:

    Ben là…. $3.00…. c’est un deal ;)


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